13 | 12 | 2019
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The child; A short story of G. de Maupassant translated by Walid Akermi


L’enfant

Conte de
Guy de Maupassant




Après avoir longtemps juré qu'il ne se marierait jamais, Jacques Bourdillère avait soudain changé d'avis. Cela était arrivé brusquement, un été, aux bains de mer.


Un matin, comme il était étendu sur le sable, tout occupé à regarder les femmes sortir de l'eau, un petit pied l'avait frappé par sa gentillesse et sa mignardise. Ayant levé les yeux plus haut, toute la personne le séduisit. De toute cette personne, il ne voyait d'ailleurs que les chevilles et la tête émergeant d'un peignoir de flanelle blanche, clos avec soin. On le disait sensuel et viveur. C'est donc par la seule grâce de la forme qu'il fut capté d'abord; puis il fut retenu par le charme d'un doux esprit de jeune fille, simple et bon, frais comme les joues et les lèvres.
Présenté à la famille, il plut et il devint bientôt fou d'amour. Quand il apercevait Berthe Lannis de loin, sur la longue plage de sable jaune, il frémissait jusqu'aux cheveux. Près d'elle, il devenait muet, incapable de rien dire et même de penser, avec une espèce de bouillonnement dans le coeur, de bourdonnement dans l'oreille, d'effarement dans l'esprit. etait-ce donc de l'amour, cela?
Il ne le savait pas, n'y comprenait rien, mais demeurait, en tout cas, bien décidé à faire sa femme de cette enfant.
Les parents hésitèrent longtemps, retenus par la mauvaise réputation du jeune homme. Il avait une maîtresse, disait-on, une vieille maîtresse, une ancienne et forte liaison, une de ces chaînes qu'on croit rompues et qui tiennent toujours.
Outre cela, il aimait, pendant des périodes plus ou moins longues, toutes les femmes qui passaient à portée de ses lèvres.
Alors il se rangea, sans consentir même à revoir une seule fois celle avec qui il avait vécu longtemps. Un ami régla la pension de cette femme, assura son existence. Jacques paya, mais ne voulut pas entendre parler d'elle, prétendant désormais ignorer jusqu'à son nom. Elle écrivit des lettres sans qu'il les ouvrît. Chaque semaine, il reconnaissait l'écriture maladroite de l'abandonnée; et, chaque semaine, une colère plus grande lui venait contre elle, et il déchirait brusquement l'enveloppe et le papier, sans ouvrir, sans lire une ligne, une seule ligne, sachant d'avance les reproches et les plaintes contenues là dedans.
Comme on ne croyait guère à sa persévérance, on fit durer l'épreuve tout l'hiver, et c'est seulement au printemps que sa demande fut agréée.
Le mariage eut lieu à Paris, dans les premiers jours de mai.
Il était décidé qu'ils ne feraient point le classique voyage de noce. Après un petit bal, une sauterie de jeunes cousines qui ne se prolongerait point au delà de onze heures, pour ne pas éterniser les fatigues de cette journée de cérémonies, les jeunes époux devaient passer leur première nuit commune dans la maison familiale, puis partir seuls, le lendemain matin, pour la plage chère à leurs coeurs, où ils s'étaient connus et aimés.
La nuit était venue, on dansait dans le grand salon. Ils s'étaient retirés tous les deux dans un petit boudoir japonais, tendu de soies éclatantes, à peine éclairé, ce soir-là, par les rayons alanguis d'une grosse lanterne de couleur, pendue au plafond comme un oeuf énorme. La fenêtre entr'ouverte laissait entrer parfois des souffles frais du dehors, des caresses d'air qui passaient sur les visages, car la soirée était tiède et calme, pleine d'odeurs de printemps.
Ils ne disaient rien; ils se tenaient les mains en se les pressant parfois de toute leur force. Elle demeurait, les yeux vagues, un peu éperdue par ce grand changement dans sa vie, mais souriante, remuée, prête à pleurer, souvent prête aussi à défaillir de joie, croyant le monde entier changé par ce qui lui arrivait, inquiète sans savoir de quoi, et sentant tout son corps, toute son âme envahis d'une indéfinissable et délicieuse lassitude.
Lui la regardait obstinément, souriant d'un sourire fixe. Il voulait parler, ne trouvait rien et restait là, mettant toute son ardeur en des pressions de mains. De temps en temps, il murmurait: «Berthe!» et chaque fois elle levait les yeux sur lui d'un mouvement doux et tendre; ils se contemplaient une seconde, puis son regard à elle, pénétré et fasciné par son regard à lui, retombait.
Ils ne découvraient aucune pensée à échanger. On les laissait seuls; mais, parfois, un couple de danseurs jetait sur eux, en passant, un coup d'œil furtif, comme s'il eût été témoin discret et confident d'un mystère.
Une porte de côté s'ouvrit, un domestique entra, tenant sur un plateau une lettre pressée qu'un commissionnaire venait d'apporter. Jacques prit en tremblant ce papier, saisi d'une peur vague et soudaine, la peur mystérieuse des brusques malheurs.
Il regarda longtemps l'enveloppe dont il ne connaissait point l'écriture, n'osant pas l'ouvrir, désirant follement ne pas lire, ne pas savoir, mettre en poche cela, et se dire: «À demain. Demain, je serai loin, peu m'importe!» Mais, sur un coin, deux grands mots soulignés: TRèS URGENT, le retenaient et l'épouvantaient. Il demanda: «Vous permettez, mon amie?» déchira la feuille collée et lut. Il lut le papier, pâlissant affreusement, le parcourut d'un coup et, lentement, sembla l'épeler.
Quand il releva la tête, toute sa face était bouleversée. Il balbutia: «Ma chère petite, c'est... c'est mon meilleur ami à qui il arrive un grand, un très grand malheur. Il a besoin de moi tout de suite... tout de suite... pour une affaire de vie ou de mort. Me permettez-vous de m'absenter vingt minutes; je reviens aussitôt?» Elle bégaya, tremblante, effarée: «Allez, mon ami!» n'étant pas encore assez sa femme pour oser l'interroger, pour exiger savoir. Et il disparut. Elle resta seule, écoutant danser dans le salon voisin.
Il avait pris un chapeau, le premier trouvé, un pardessus quelconque, et il descendit en courant l'escalier. Au moment de sauter dans la rue, il s'arrêta encore sous le bec de gaz du vestibule et relut la lettre.
Voici ce qu'elle disait:

MONSIEUR"

«Une fille Ravet, votre ancienne maîtresse, paraît-il, vient d'accoucher d'un enfant qu'elle prétend être à vous. La mère va mourir et implore votre visite. Je prends la liberté de vous écrire et de vous demander si vous pouvez accorder ce dernier entretien à cette femme, qui semble être très malheureuse et digne de pitié.

Votre serviteur,

."Dr BONNARD


Quand il pénétra dans la chambre de la mourante, elle agonisait déjà. Il ne la reconnut pas d'abord. Le médecin et deux gardes la soignaient, et partout à terre traînaient des seaux pleins de glace et des linges pleins de sang.

L'eau répandue inondait le parquet; deux bougies brûlaient sur un meuble; derrière le lit, dans un petit berceau d'osier, l'enfant criait, et, à chacun de ses vagissements, la mère, torturée, essayait un mouvement, grelottante sous les compresses gelées.
Elle saignait; elle saignait, blessée à mort, tuée par cette naissance. Toute sa vie coulait; et, malgré la glace, malgré les soins, l'invincible hémorragie continuait, précipitait son heure dernière.
Elle reconnut Jacques et voulut lever les bras: elle ne put pas, tant ils étaient faibles, mais sur ses joues livides des larmes commencèrent à glisser.
Il s'abattit à genoux près du lit, saisit une main pendante et la baisa frénétiquement; puis, peu à peu, il s'approcha tout près, tout près du maigre visage qui tressaillait à son contact. Une des gardes, debout, une bougie à la main les éclairait, et le médecin, s'étant reculé, regardait du fond de la chambre.
Alors d'une voix lointaine, en haletant, elle dit: «Je vais mourir, mon chéri; promets-moi de rester jusqu'à la fin. Oh! ne me quitte pas maintenant, ne me quitte pas au dernier moment!»
Il la baisait au front, dans ses cheveux, en sanglotant. Il murmura: «Sois tranquille, je vais rester.»
Elle fut quelques minutes avant de pouvoir parler encore, tant elle était oppressée et défaillante. Elle reprit: «C'est à toi, le petit. Je te le jure devant Dieu, je te le jure sur mon âme, je te le jure au moment de mourir. Je n'ai pas aimé d'autre homme que toi... Promets-moi de ne pas l'abandonner.» Il essayait de prendre encore dans ses bras ce misérable corps déchiré, vidé de sang. Il balbutia, affolé de remords et de chagrin: «Je te le jure, je l'élèverai et je l'aimerai. Il ne me quittera pas.» Alors elle tenta d'embrasser Jacques. Impuissante à lever sa tête épuisée, elle tendait ses lèvres blanches dans un appel de baiser. Il approcha sa bouche pour cueillir cette lamentable et suppliante caresse.
Un peu calmée, elle murmura tout bas: «Apporte-le, que je voie si tu l'aimes.»
Et il alla chercher l'enfant.
Il le posa doucement sur le lit, entre eux, et le petit être cessa de pleurer. Elle murmura: «Ne bouge plus!» Et il ne remua plus. Il resta là, tenant en sa main brûlante cette main que secouaient des frissons d'agonie, comme il avait tenu, tout à l'heure, une autre main que crispaient des frissons d'amour. De temps en temps, il regardait l'heure, d'un coup d'œil furtif, guettant l'aiguille qui passait minuit, puis une heure, puis deux heures.
Le médecin s'était retiré; les deux gardes, après avoir rôdé quelque temps, d'un pas léger, par la chambre, sommeillaient maintenant sur des chaises. L'enfant dormait, et la mère, les yeux fermés, semblait se reposer aussi.
Tout à coup, comme le jour blafard filtrait entre les rideaux croisés, elle tendit ses bras d'un mouvement si brusque et si violent qu'elle faillit jeter à terre son enfant. Une espèce de râle se glissa dans sa gorge; puis elle demeura sur le dos, immobile, morte.
Les gardes accourues déclarèrent: «C'est fini.»
Il regarda une dernière fois cette femme qu'il avait aimée, puis la pendule qui marquait quatre heures, et s'enfuit oubliant son pardessus, en habit noir, avec l'enfant dans ses bras.
Après qu'il l'eût laissée seule, sa jeune femme avait attendu, assez calme d'abord, dans le petit boudoir japonais. Puis, ne le voyant point reparaître, elle était rentrée dans le salon, d'un air indifférent et tranquille, mais inquiète horriblement. Sa mère, l'apercevant seule, avait demandé: «Où donc est ton mari?» Elle avait répondu: «Dans sa chambre; il va revenir.»
Au bout d'une heure, comme tout le monde l'interrogeait, elle avoua la lettre et la figure bouleversée de Jacques, et ses craintes d'un malheur.
On attendit encore. Les invités partirent; seuls, les parents les plus proches demeuraient. À minuit, on coucha la mariée toute secouée de sanglots. Sa mère et deux tantes, assises autour du lit, l'écoutaient pleurer, muettes et désolées... Le père était parti chez le commissaire de police pour chercher des renseignements.


À cinq heures, un bruit léger glissa dans le corridor; une porte s'ouvrit et se ferma doucement; puis soudain un petit cri pareil à un miaulement de chat courut dans la maison silencieuse.
Toutes les femmes furent debout d'un bond, et Berthe, la première, s'élança malgré sa mère et ses tantes, enveloppée de son peignoir de nuit.
Jacques, debout au milieu de sa chambre, livide, haletant, tenait un enfant dans ses bras.
Les quatre femmes le regardèrent effarées; mais Berthe, devenue soudain téméraire, le coeur crispé d'angoisse, courut à lui: «Qu'y a-t-il? dites, qu'y a-t-il?»
Il avait l'air fou; il répondit d'une voix saccadée: «Il y a... il y a... que j'ai un enfant, et que la mère vient de mourir...» Et il présentait dans ses mains inhabiles le marmot hurlant.

Berthe, sans dire un mot, saisit l'enfant, l'embrassa, l'étreignant contre elle; puis, relevant sur son mari ses yeux pleins de larmes: «La mère est morte, dites-vous?» Il répondit: «Oui, tout de suite... dans mes bras... J'avais rompu depuis l'été... Je ne savais rien, moi... c'est le médecin qui m'a fait venir...»


Alors Berthe murmura: «Eh bien, nous l'élèverons ce petit.»


The child

A short story of Guy de Maupassant

Translated by Walid Akermi


After he had sworn for a long time that he will never get married, Jacques Bourdillère suddenly changed his mind. This happened abruptly in a summer at the sea bathes.
One morning, as he was lying down on the sand watching women coming out of the water, a small foot struck him gently and with cuteness. As he looked up, all the person seduced him. From all this person, he could only see her ankles and her head emerging from a white flannel bathrobe, closed carefully. He was called sensual and full of life. So it’s just because of her shape that he captured her at first, then he got attracted by the charm of a sweet witty young girl, simple and nice, soft as cheeks and lips.
Introduced to the family, he liked her and fell in love soon. When he saw Bertha Lannis in the distance, on the long golden sandy beach, he got shivers up to his hair. Near her, he became dumb, unable to say anything or even to think, with kind of boiling in the heart, buzzing in the ear, fright in the soul. Is this love?
He hadn’t known it, had understood nothing, but anyway, he had decided to make his wife of this child.
The parents had hesitated for a long time, affected by the bad reputation of the young man. He had a mistress, let’s say an old mistress, an old and strong link, one of those chains that we think they are broken but they last forever.
Besides, he loved during some periods all women that they went through his lips.
So he settled down, without consenting even to see again for once who he had lived with for a long time. A friend arranged the pension of this woman, assured her existence. Jacques paid, but didn’t want to hear talking about her, pretending henceforth to ignore even her name. She wrote letters but he didn’t even open them. Every week, he recognized the clumsy writing of the abandoned woman; and, every week, he feels more and more anger against her, and he rips abruptly the envelop and the paper, without opening it, without reading a line, one line, knowing in advance the reproaches and the complaints contained inside.
As they don’t believe at all in his perseverance, they had approved all winter, and it’s only in spring that his request was accepted.
The wedding took place in Paris, in the first days of May.
It was decided that they wouldn’t make a classic honeymoon. After a little prom, a small dance with the young cousins that shouldn’t be prolonged after eleven O’clock, to not eternize the fatigue of this long day of ceremonies, the young spouses should spend their first common night in the family’s house, then leave by themselves, the next day in the morning, to the dear beach to their hearts, where they met and fell in love.
The night came, they danced in the big lounge. They both went into a small Japanese boudoir, covered with shiny silk, dimly lit, that evening, by the dim rays of a big colourful lantern, hanging from the ceiling like a huge egg. The window was half open, letting come in fresh air from outside, breeze caresses passing over their faces, because the evening was warm and calm, full of spring odors.
They said nothing; they hold hands squeezing them sometimes with all their might. She remained, open-eyed, distracted by this huge change in her life, but smiling, excited, ready to cry, and often ready also to swoon with joy, thinking that the whole world has changed because of what is happening to her, worried but didn’t know the reason, and feeling all her body, all her soul invaded with unknown and delicious tiredness.
He was watching her obstinately, with a fixed smile. He wanted to talk, didn’t find anything and remained there, putting all his ardor in squeezing hands. From time to time, he whispers: “Bertha!” And every time she raises her eyes over him with a gentle and tender move, they gazed at each other for a second, then his look to her, penetrated and fascinated by her look to him, fell.
They didn’t find any thought to share. They were left alone; but, sometimes, a couple of dancers, while passing, peeked at them, as they were a discrete and confident witness of a mystery.
A side door opened, a servant came in, carrying a pressed letter on a tray that an agent has brought it. Jacques, trembling, took the paper, affected by a vague and sudden fear, the mysterious fear of abrupt misfortunes.
He looked for a long time at the envelop which he didn’t know the writing, not daring to open it, not desiring madly to read nor to know, put it in his pocket and thought :”tomorrow. Tomorrow, I will be away, anywhere!” But, on one corner, two big underlined words: VERY URGENT, bothered and terrified him. He asked: « would you mind my friend ? » ripped the sticky paper and read. He read the paper, paling frightfully, went through it all at once and slowly he seemed spelling it.
When he raised his head, all his face was moved. He stammered:”My dear little, it’s… it’s my best friend, to whom a big, a very big misfortune happened. He needs me now… right now… for a matter of life or death. Would you mind if I leave for twenty minutes. I will be back shortly?” she stammered, trembling, frightened : « Go, my friend!” she has not been his wife long enough to dare to ask him to know. Then he disappeared. She was left alone, listening dancing in the next lounge.
He grabbed a hat, the first found, any overcoat, and went running down the stairs. When he jumped out in the street, he stopped again under the gaslight of the vestibule and reread the letter.
This is what it said:
“Sir,
A Ravet girl, your old mistress, apparently, has just given birth to a child that she pretends is yours. The mother is going to die and implores you for a visit. I feel free to write you and ask if you could talk, for the last time, to this woman who seems unhappy and needing pity.
Your servant
Dr. BONNARD »
When he entered the room of the dying woman, she was passing. He didn’t recognize her at first. The doctor and two nurses were treating her, and everywhere on the floor dragging buckets full of ice and towels full of blood.
The spread water flooded the floor; two candles were burning above a furniture; behind the bed, in a little wicker cradle, the child was crying, and, with his wailing, the mother, tortured, had tried to move, shivering under the iced packs.
She had bled ; she had bled, injured to death, killed by giving birth. All her life had flowed; and, despite the ice, the invincible hemorrhage had continued, rushing her last moments.
She recognized Jacques and wanted to lift her arms; she couldn’t as they were weak, but on her livid cheeks some tears had started to flow.
He kneeled beside the bed, held a pending hand and kissed it madly; then, slowly, he approached closer to the lean face that jumped at his touch. One of the nurses, standing, holding a candle in her hand lighting them. And the doctor, backing up, was watching the end of the room.
So in a distant voice, panting, she said:”I’m going to die, my dear; promise me to stay until the end. Oh! Don’t leave me now, don’t leave me at the last moment!”
He kissed her on the front, over her hair, sobbing. He murmured:” Stay calm, I’m staying.”
She kept quiet for few minutes before she starts talking again, as she was oppressed and exhausted. She replied:” It’s yours, the little. I swear to God, I swear on my soul, I swear in the moment of death. I’ve never loved any other man other than you… Promise me that you won’t abandon him.” He tried again to take in his arms this poor ripped body, drained of blood. He stammered, distraught with remorse and grief:”I swear I will raise him and will love him. He won’t leave me.” Then she tried to embrace Jacques. Powerless to lift her exhausted head, she tended her white lips in a call for a kiss. He approached his mouth to receive this lamentable and begging caress.
Getting calmed, she murmured in a low voice:” Bring him, so I can see if you love him.”
He put him gently on the bed, between them, and the little baby stopped crying. She murmured:” don’t move anymore!” and he hasn’t move no more. He stayed there, taking in his burning hand this hand which felt love shivers. From time to time, he takes a quick look at the time, watching the hand which passed midnight, then one O’clock, then two O’clock.
Suddenly, as the wan day had snuck between the crossed curtains, she stretched her arms out in a abrupt and violent move as she almost threw her child on the floor. Some rattle slid inside her throat; then she remained on her back, motionless, dead.
The nurses ran declaring : « It has ended ».
He looked for the last time at this woman whom he had loved, then looked at the clock that showed four O’clock, and he fled, forgetting his overcoat, dressed in black, with the child in his arms.
After she was left alone, his young wife had waited, quite calm at first, in the small Japanese boudoir. Then, couldn’t see him again, she went back inside the lounge, in a different mood and quiet, but horribly worried. Her mother, seeing her alone, had asked :”so where is your husband?” She replied:”in his room, he will be back.”
Within one hour, as everyone has asked, she confessed about the letter and moved face of Jacques, and his fear of a misfortune.
They has waited again. The guests left, only the closest cousins had remained. At midnight, they made the bride sleep sobbing. Her mom and two aunts, sitting around the bed, listening to her crying, dumb and desolate. The father had gone to the police station for some information.
At five O’clock, a light noise was heard in the corridor; a door opened and closed gently; then suddenly a small cry similar to a cat meowing was heard in the silent house.
All women stood up in one jump, and Bertha, first, ran although her mom and her aunts, covered with her night robe.
Jacques, standing in the middle of his room, livid, panting, holding a child in his arms.
The four women were watching him, frightened; but Bertha, suddenly became reckless, her heart, tense with anxiety, ran to him:”What’s the matter? Tell me what’s the matter?”
He looked crazy ; he replied in a jerky voice:” There is… there is.. I have a child, and his mother has just died…” and he presented in his clumsy hands the screaming little kid.
Bertha, without saying one word, took the child, embraced him, hugging him against her; then she turned to her husband with her eyes full of tears:”the mother was dead, you said?” he replied:”yes, a moment ago… in my arms… we have broken up since last summer… I didn’t know anything, me… It was the doctor who called me…”
Then Bertha murmured: « Well, we will raise this little