25 | 07 | 2017
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Littérature épistolaire/ Mustapha Al Omari

A toi magique rencontre

Mustapha Al Omari


Trouvez ici chères lectrices, chers lecteurs quelques fragments d'une littérature épistolaire qui, j'espère, vous feront plaisir et vous rappelleront un genre littéraire qui n'a pas eu la place qu'il mérite dans notre littérature pourtant riche. i


Lettre à F...
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La première lettre que j’écris depuis mon retour de vacances est pour toi. Notre rencontre fut brève, intense, bousculée et hasardeuse. Le hasard que tu sois sur cette route qui conduit de la solitude à la compagnie, de Rabat à Tanger, que je me suis arrêté pour te prendre, et puis il y eut ce verre pris dans ce café à l’entrée de cette ville impériale, c’était là que nous avions commencé à nous connaitre. i

Il est comme ça des moments magiques où plus rien ne compte, ni le lieu, ni le temps, ni rien. Nous étions dans les palabres et la digression sans plus ni moins. i

Comment te dire que j’aurais aimé que cet état de grâce se poursuivît. Mais voilà, j’étais pris entre un départ et une arrivée, l’étais-tu aussi ? Le moment du voyage où l’occasion nous fut offerte de palabrer n’était pas long, mais il m’était suffisamment suffisant pour que je susse que tu fus la personne que, depuis cinq mille ans, je désirais rencontrer plus que tout au monde. i

Si tu y consens, j’ai envie de nouer avec toi une relation durable. Ton esprit et ton verbe m’ont séduit. J’ai véritablement ressenti autre chose que dans les relations quotidiennes auxquelles la répétition enlève toute saveur. i

S’il s’avère que nous devenions amis, sache que je ne suis pas un être de tout repas, il n’y a qu’un seul fil directeur dans tout ce que j’entreprends, c’est la sincérité. i

Réponds-moi vite, il me tarde de te lire. i

Reçois mon amitié sincère. i


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A M... i

j’ai mis du temps pour te répondre ..Oui..j’étais sous le choc d’un moment magique ..une rencontre magique ..as-tu dit…je ne nie pas que je te connais depuis mes milles années d’existence..je t’ai attendu..je t’ai appelé ..mais en vain , tu ne répondais pas..je t’ai créé alors et tu étais toujours là à m’alléger la vie.
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Quand je t’ai vu sur cette fameuse route j’ai su que tu étais là rien que pour moi..Rien que pour me prouver que tu es Vérité et non pure Imagination...
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Tu étais très fin en me parlant , en m’offrant ce café de cœur si savoureux ..si généreux...
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J’ai cru rêver quand tu chuchotais mon prénom..pour la première fois mon prénom sonnait très doux en moi...
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Et puis le chemin s’est coupé…tu t’es arrêté..tu dois poursuivre ton chemin ..ta vie ..et moi la mienne...
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Mais crois moi depuis , je ne vis qu’avec notre rencontre si brève soit elle, mais magique et grandiose.
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Reçois mes années ..Toutes...
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Ta F… à jamais .
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A toi ma F...
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Je voudrais bien avoir le talent de trouver des mots qui puissent exprimer très concrètement la profonde joie qui m'a envahi lorsque j'ai ouvert l'enveloppe contenant la réponse que tu m'as fait parvenir, c'est le meilleur cadeau que j'aie jamais reçu de mon vivant. i
Comment te remercier? Par quels mots te témoigner ma gratitude? J'aurais bien aimé que tu me jouxtasses, rien que pour assister à la douce béatitude aux profondeurs de laquelle ta missive m'a plongé. Je suis incapable d'aller à la rencontre des formules qui aient autant d'expressivité que l'agréable émotion qui me transporte et dont je suis ivre.
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Je te remercie du fond de mon cœur et te signale que j'admire en toi, jusqu'à ma moelle épinière, l'originalité de ton caractère, la qualité de ton verbe, de ton goût aussi et la noblesse de ton cœur.
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Reçois mon amour la plus enfouie dans les nuits de mon cœur solitaire depuis cinquante mille ans.
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En attendant un nouveau pli qui me tiendra aux courant de tes nouvelles, je te laisse entre les mains de mon amour, elle saura prendre soin de toi.
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Ton M ... à tout jamais.

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Ma F…… chérie! i

Voici déjà cinq mois que j’attends une lettre de toi. Personnellement, je ne peux aucunement te faire subir un tel retard. S’il faut une raison, tu dois sûrement en avoir une. J’ai rêvé que tu as changé d’adresse que ma lettre n’a pas pu te parvenir. Si ce n’est pas le cas dis-moi ce qui t’empêche de me répondre.
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Combien de fois j’ai pensé à toi, combien j’aimerais te rencontrer à nouveau. A défaut d’être à tes côtés, je pallie ce manque par l’écrit. Je t’ai acheté des cornes du mouflon à manchette je te les enverrai la semaine prochaine.
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Depuis mon retour de là où nous nous sommes séparés, tu me manques atrocement, j’ai du mal à trouver des esprits aussi vifs et pleins que le tien. Il me semble que la majorité de ceux que je rencontre se contentent de l’ à peu près, qu’ils se satisfont des mensonges ordinaires de la publicité et qu’ils bandent à la moindre flatterie.
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Je ne sais pas si finalement ils n’ont pas raison du moment que l’erre de la médiocrité commence à s’installer, Ils me semblent courir après le mirage des slogans souvent insensés.
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Donne-moi de tes nouvelles, fais-moi entendre ta pensée et dis-moi ce que tu deviens.
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F…, mon amour tombée du ciel, accepte mes folies...
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Je t’embrasse, il me tarde de te lire
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Mon M chéri, i

Jamais plus je ne ferai cela, j’ai une excuse c’est mon déménagement.
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Maintenant je vis dans un appartement et s’il te prenait l’envie de me voir sache que tu seras le bien venu. Dis-moi si tu auras besoin d’une attestation d’hébergement pour ton visa, je te l’enverrai aussitôt que tu me l'auras demandé.
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Jamais plus je ne tarderai à te répondre, et dieu que j’ai pensé à toi, je me prenais à te voir, à t’entendre, je déconnais, je radotais...
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Sache que je t’ai acheté, à l’occasion de ton anniversaire, deux livres de Jean-Marie Gustave Le Clézio que je t’expédierai. Tu sais ici c’est le train-train, l’hiver pointe son nez et les gens sont toujours gris, j’ai du mal à rencontrer des gens qui ont quelque chose dans la tronche, cette sorte de magie que toi possède.
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Que deviens-tu ? Parle-moi de tes joies, de tes troubles....
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Je te promets une lettre plus longue et moins empressée la prochaine fois.
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Je t’embrasse.
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Que ces mots te trouvent en pleine forme. Note bien ma nouvelle adresse.
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Ta f… Reçois toutes les années qui me restent à vivre.

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A toi ma F chérie

Quel plaisir de te lire, je sais que tu ne m’as pas oublié, que tu ne le pourrais pas même si tu le voulais. Je suis convaincu que tu n’as jamais eu l’intention de détruire ce fruit précieux qui est en train d’éclore entre nous. Comme tu as changé d’appartement, je ne laisserai pas passer cette occasion sans te souhaiter d’y trouver la tranquillité de l’âme et de l’esprit à laquelle tu aspirais. N’oublie surtout pas dans ta longue lettre que tu m’as promise de m'en faire une description détaillée pour que je puisse t’y imaginer en train de prendre un café au salon, ou préparer un délice à la cuisine ou encore allongée dans ta chambre après ton retour du travail. ô, ma petite chérie, il est vrai que j’aimerais mieux que nous soyons ensemble, on aurait une communication plus directe. Mais je crois qu’il ne faut pas bouder le plaisir de s’échanger de l’écrit, c’est quand même un privilège duquel nous devons profiter amplement. Nous nous reverrons, je te le promets. Ta sincérité, ton ouverture d’esprit et ton amour sont des présents auxquels je tiens plus que ma propre vie. Tu m’offres la raison d’espérer, tu m’offres des ailes pour m’extirper de la médiocrité des communications quotidiennes dont je capte quelques bribes un peu par-ci un peu par-là. Je souhaite parvenir à te donner, ne serait-ce qu’une infime partie du plaisir que me procurent tes plis qui me plongent dans une béatitude que je ne saurai décrire.
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Bon dieu combien tu me manques!
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Je t’embrasse ma petite F bien aimée.
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P.S:
Merci ma petite chérie pour les livres que tu m'as achetés. tu sais combien j'adore Jean-Marie Gustave Le Clezio. Ce grand amoureux de la liberté. ô mon trésor chérie, il me tarde de te retrouver, de te prendre entre mes bras comme on prend un bébé adoré.


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Mon M, chéri! i
Si seulement tu savais combien toi aussi tu me manques . Je ne fais que penser à toi jour et nuit, à ton village dont tu ne cessais de me parler lors de notre brève rencontre, à tes origines qui me fascinent...J’ai toujours aimé le Maroc, je rêvais d’y vivre lorsque j’avais dix-sept ans …et j’avais toujours une sensation que dans ton pays, je serais la plus heureuse des femmes...une fée...
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Il y a une petite histoire qui me tient au cœur...et c’est le moment, je crois, de te la raconter...avant quand j’étais étudiante j’avais une relation de correspondance avec un marocain, je ne l’ai jamais vu sauf en photo ... Nous nous correspondions, d’abord c’était pour mieux connaître le pays de chacun de nous...il me décrivait certaines villes marocaines...le souk, les coutumes, les traditions, le mode de vie, bref j’ai appris à aimer ton pays ... nous étions restés à nous correspondre presque trois ans ... ses lettres étaient un vrai régal...puis nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre ... Il m’a même demandé de l’épouser...mais tu sais dans la vie, il est des destinée impossible à vaincre...
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Cette histoire date de très long temps, mais en te croisant sur cette route, mon amour vers le Maroc s’est accentué et en un clin d’œil je me suis trouvée à t’aimer, à t’adorer même.
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T’oublier ? Non n’y pense même pas. Jamais je ne le ferai...tu es celui qui m’extrais de cette solitude qui me tue...bien que je sois entourée... à chaque instant tu m’embellis la vie...tu sais je me sens heureuse en pensant à toi à chaque fois que je me trouve seule dans mon nouvel appartement…Ah, tu voulais que je te décrive mon appartement ? Soit ! Je te le décrirai avec plaisir...c’est un F5...très chaleureux au premier étage dans un quartier très calme. En face du balcon il y a un grand jardin très beau. Je l’ai voulu F5 pour que tu aies ta bibliothèque ici à Paris. Je sais que tu admires les livres, la lecture ne te lasse pas. J’ai décoré l’appartement par mes anciennes peintures, des toiles que j’ai peintes un jour et auxquelles je tiens beaucoup. Je l’ai fait pour toi, parce que je sais que tu adores ma peinture. Quant à mon vieux piano je l’ai installé dans la chambre à balcon, peut- être un jour tu le verrais, je te montrerais comment je composais des airs magnifiques. Qui sait ? Peut être je jouerais pour toi mon air préféré. Un morceau de la septième symphonie de Ludwig van Beethoven peut-être.
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Ah combien je m’oublie en t’écrivant. Ah si seulement tu étais à mes côtés.
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Reçois mon amour et mes années à venir.
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Ta F…à jamais....

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ô Chérie, ma F, chérie!
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ô ! Fleur de ma vie, tu ne peux imaginer combien je suis heureux de savoir que tu penses à moi sans cesse, jour et nuit. J’ai envie de te dire que je veux qu’il ne passe une seconde sans que tu penses à moi. Pense à moi sous la pluie, sous le soleil, dans ce beau jardin dont tu me parlais dans ta précédente, dans ta cuisine, au salon, là où tu es pense à moi, dans ton lit quand tu vas dormir… Ton oreiller me racontera tout, je sais parler aux oreillers, combien de secrets ils me racontent. Des choses, et des choses. ô ! Ma chérie, si nos oreillers parlaient, que diraient-ils de nous les humains?
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J’ai aimé ta franchise quand tu m’as parlé de ce jeune que tu aimais à un moment donné, merci de m’avoir raconté cela. J’admire en toi cette ouverture d’esprit et cette franchise, c’est là deux qualités qui m’attachent à toi comme l’écorce à l’arbre.
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J’ai trop aimé ton appartement de Paris, cette ville des lumières que j’ai tant aimée. J’y étais à plusieurs reprises. Je la connais par cœur arrondissement par arrondissement. J’ai assisté à des conférences à l’institut du monde arabe à l’époque j’avais un deux pièces à Poissy, je prenais le métro chaque jour jusqu’à Saint-Lazarre, Les études m’y obligeaient. ô, Paris ! Nid de mes amourettes enfouies ! Ne sois pas Jalouse ma F chérie, c’est de l’histoire ancienne.
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Je viendrai certainement te voir, c’est bientôt les vacances. J’ai envie de t’entendre jouer la septième symphonie de Mozart que j’adore. ô! Ma petite chérie si je peux être la personne auprès de laquelle tu réussis à trouver ce que tu cherchais, sache que pour moi ce sera la plus majestueuse récompense que le destin puisse me donner. Je suis libre de toute entrave comme le vent, je ferai tout pour que notre relation s’enrichisse de nos deux individualités. Il est vrai que le hasard a fait de sorte que cette relation voie le jour, c’est à nous maintenant d’en prendre soin pour qu’elle dure aussi longtemps que nous vivons. Ce que je cherche en toi n’est rien que de l’amour, oui de l’amour folle. Je sais, cela peut te paraitre ridicule, mais c’est de l’honnêteté que de dire ce que réellement l’on ressent sans avoir froid aux yeux.
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Je suis heureux que tu t’oublies en me lisant et en m’écrivant, J’ai de quoi être fier.
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Ma petite F chérie, il ne me manque que ta présence pour que la béatitude m’envahisse des orteils jusqu’au dernier cheveu de mon crane.
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Je voudrais lire tes yeux, entendre tes paroles dessiner tes idées, toucher tes tourments et tes joies, t’embrasser jusqu’à l’étouffement.
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Ton M qui t’aime
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