19 | 11 | 2018
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Fartas le cuistot/ M. Sghaier Gasmi

Ecrit par
Mohamed Sghaier Gasmi

 L'autre jour, vers quatorze heures,comme j'avais l'estomac dans les talons, mes pieds m'ont poussé vers un cousin qui, dit-t-on, a ouvert un petit restaurant dans une étroite ruelle dans l'un des plus  pauvres quartiers de la ville et que même avec ce fameux GPS on ne peut jamais le dénicher.

 Fartas, c'est son nom, en plus qu'il n'a plus le moindre poil sur le caillou, c'est un type qui peut, à l'école,servir d'exemple lorsqu'on veut enseigner aux élèves la notion du mètre cube..

  Il  a une carte de menu très longue avec des noms  qui te mettent de l'eau dans la bouche.

"Eh bien..Fartas, grouille-toi. Je veux des bonnes brochettes d'agneau bien cuites ! "

                                                                                                                                  

 Les coins de sa bouche s'affaissèrent et une contraction subite de son visage couvre toute sa face par des très profondes rides. En un court instant j'ai cru qu'il allait m'annoncer la mort tragique de sa femme ou de toutes ses progénitures, ou que le fisc est venu faire un tour chez  lui ce matin.

"- Tu sais..je n'ai plus d'agneau."

-   ça ne fait rien, je prendrai bien un couscous au poulet !

-  je n'ai plus de couscous non plus

Je pris la carte de menu, quand Fartas,avec l'air d'un chien battu et avec la voix étranglée, m'annonça à l'extrême limite du désespoir qu'il allait fermer, me pria de l'excuser et qu'il ne pouvait  me servir qu'une omelette pour cette fois.

 Il tira une chaise, s'assit et commença à me réciter les biens faits nutritifs de l'omelette, pimentée surtout avec de l'Harissa et du poivre noir et…et surtout servie bien froide

 Je crevai de faim, mais il a l'air si gentil que je ne pus pas lui refuser un peu de conversation.

Il resta un instant pensif, et avant qu'il n'ouvre de nouveau la bouche je lui fis comprendre que je ne pouvais plus attendre.

 Il retourna à la cuisine et ressortit avec une omelette qui m'a semblé qu'elle a été en pèlerinage en Sibérie chez nos cousins les eskimos.  

 À moitié convaincu par  ses dires, moi que n'ai jamais eu confiance en ces gargotiers, qui avec leurs boniments et leurs manières peuvent te  faire avaler n'importe quoi, et de peur de passer pour quelqu'un qui ne connait rien en l'art culinaire, je m'obligeai à avaler un mélange de je ne sais quoi avec des œufs,et qui m'a semblé, qu'elles n'ont fait que se réchauffer pour des courts instants auprès d'un petit feu.

 Je payai et partis sans même me retourner

 

 Le soir, au douar je sentis que tout le monde me jetai des regards loin d'être ordinaires, et soudain tout le monde fut prit par une épidémie de rire fou…

 "Tu as goûté à l'omelette froide de Fartas ?" dit l'un des cousins

"Il semble qu'elle est très diététique, et très énergétique même ,c'est comme ce fameux "Bison""dit l'autre

"Sacré Fartas, dit un troisième, il t'a fait payer l'omelette qu'un autre  client n'a pas voulu manger pour l'avoir trouvée presque crue..Le gaz lui a manqué pour terminer la cuisson et il t'a chanté les biens faits du demi cuit..Pauvre con, va!"

 

  Je rentrai chez moi pour me cacher des gens et surtout pour dîner.

"Que va-t-on manger ce soir..Ya mra ?

"Une omelette Ya rajel !"

Je ne vous décris pas la fin de la soirée

Et je vous laisse le soins d'imaginer comment fût la soirée entre ma femme et  moi...


Avec mes sous rires…

 

M S Gasmi